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Chacun des habitants du quartier de la Grette a déjà rencontré les religieuses de la Congrégation de la Sainte Famille, soit pendant un soin, sa scolarité, à la catéchèse, à la messe ou les a encore croisé aux carrefours dans leurs voitures à deux chevrons.
Non, non, ce n'est pas une image d'Épinal, mais une institution.
Présenter, la Sainte Famille, c'est entrer au cœur d'une congrégation religieuse à multiples facettes.
La Sainte Famille
La fondatrice
Jeanne-Claude Jacoulet est née en 1772 aux Chaprais d'une famille de jardiniers. Orpheline à treize ans, elle doit subvenir à ses besoins.
Sous la Révolution et au péril de sa vie, elle véhicule sa foi en proposant l'asile ou en rendant visite aux prêtres réfractaires en Suisse.
Son désir de devenir religieuse était grand. Pourtant elle se marie !
Son mari disparaît dans des conditions mystérieuses en Suisse. Jeune veuve, elle s'installe rue des Granges avec son fils Jean-François, puis place Jean Cornet.
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En 1797, elle ouvre une école. L'année suivante, soutenue par l'abbé Maire, elle forme sous le vocable de «Sainte Famille» un pensionnat dont elle est responsable.
En 1803, l'association se transforme en communauté religieuse.
En 1808, le pensionnat de la place Jean Cornet devient trop étroit et la communauté s'installe rue du Chapitre.
En 1817, sur les conseils du père Varin, elle organise et rédige les constitutions de la communauté à travers trois grands thèmes : éduquer, instruire, enseigner la foi dans un acte de charité. Il lui est dévolu le titre de mère supérieure et plusieurs communautés voient le jour : Amiens en 1817, Bourges en 1822, Lille en 1824, Nevers en 1827.
En 1820, la Mère Jacoulet acquiert l'hôtel Bonvalot, rue du Palais qui deviendra la maison mère de la congrégation. Cet hôtel de prestige a appartenu à François Bonvalot, oncle de Granvelle.
En 1832, elle achète la villa Sainte Marie à la Grette qui devient la maison de campagne pour les sœurs jardinières. Elle est aujourd'hui située dans l'enceinte de l'établissement scolaire de la rue Brûlard.
En 1836, la mère fondatrice décède.
En 1888, l'abbé de la paroisse de Saint Hyppolite de Velotte sollicite la permission de dire ses messes dans la chapelle des sœurs de la Sainte Famille à la Grette. C'est le début de l'implantation religieuse dans le secteur.
Suite à la loi de « séparation de l'Église et de l'État » de 1905, la communauté est dispersée et les sœurs reprennent l'habit civil. Les bâtiments sont confisqués, mais les sœurs âgées y demeurent. Ceux-ci ne trouveront jamais acquéreurs grâce à l'aide des notables régionaux.
De 1914 à 1918, les locaux se transforment pour accueillir les soldats blessés ou malades.
Vers 1926, les sœurs prêtent la pointe nord-est de la propriété pour que l'abbé construise une chapelle de bois sur ses propres deniers.
Suite au mauvais fonctionnement du poêle, la chapelle est détruite en 1934, puis reconstruite à son emplacement actuel.
En 1940, les sœurs sont autorisées à reprendre l'habit religieux et à enseigner.
Aujourd'hui, le siège de la congrégation, rue du Palais, accueille toujours les sœurs âgées et malades.
Vocation éducative
Héritières de Jeanne-Claude Jacoulet, les sœurs continuent son oeuvre éducative.

Vers 1969, les congrégations religieuses se réorganisent, en abandonnant certaines oeuvres pour en créer d’autres. C’est ainsi que «La Sagesse» - école commerciale - passe sous la responsabilité de la Congrégation diocésaine de la Sainte Famille où elle fonctionne dans le quartier Saint Jean.

Les sœurs construisent, sur les propres deniers de la congrégation, le complexe qui existe aujourd’hui rue Brûlard. L’école commerciale de la Sainte Famille devient CET (Collège d’Enseignement Technique). Suite à de nouvelles réformes, l’établissement passe du statut de LEP (Lycée d’Enseignement Professionnel) à celui de LP (Lycée Professionnel).

Initialement, ce complexe accueille un CET, un collège et un internat de jeunes filles. Bon nombre d’anciennes élèves se souviennent encore de l’irremplaçable Soeur Marceline, personnage haut en couleurs. Bien qu’âgée et myope, rien ne lui échappait. Il ne fallait pas oublier de la saluer. Son sport favori était de chasser les garçons de la cité d’à côté qui rôdaient trop près des jeunes filles de l’établissement.

Les dernières sœurs enseignantes s’appelaient Sœurs Marie-Geneviève, Gérard et Claude-Agnès. Aujourd’hui, ce sont des laïcs salariés qui enseignent.

Vers 1976, l’arrivée des quatre premiers garçons au LEP bouleverse les habitudes. Il faut attendre deux ans plus tard pour que le collège devienne mixte, une mixité toute relative.

En 1988, après d’importants remaniements de la carte scolaire, le collège de la Sainte famille fusionne avec le collège Sainte Ursule et développe l’école primaire, rue Brûlard. Ce déménagement du centre-ville vers la Grette fut difficile. On installe le collège dans les préfabriqués.

Depuis septembre 2002, le collège partage les bâtiments avec le lycée. Le site de la Grette n'est pas le seul établissement scolaire de la Sainte Famille. Les sœurs sont allées former d'autres enfants à Vercel, Amancey, Ornans, dans la Nièvre et au lycée professionnel privé agricole François-Xavier, situé rue du Chapitre.

La Sainte Famille, c’est aussi Bangui en Centre Afrique où les sœurs s'occupent en particulier d'orphelins et Lubbumbashi au Congo, où elles s’occupent des jeunes filles abandonnées ou maltraitées.
Vocation de soins
De l'héritage de la Première Guerre Mondiale, les sœurs ont gardé la tradition de soins qu’elles effectuent à domicile et dans les dispensaires ou permanences du quartier (Grette et anciennement Villarceau).
Aujourd'hui, les sœurs ont fait appel à des infirmières diplômées d'état pour les seconder. On se rappelle plus particulièrement de deux religieuses infirmières : sœurs Jean-Marc et Marie-Germaine suivant où l'on habite.
Comme pour l'enseignement, les religieuses ont créé un dispensaire en Afrique et ramènent des images et des témoignages qu'elles transmettent soit dans leurs établissements scolaires, soit auprès des paroissiens.
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Entre autres les sœurs avaient ouvert une maison de retraite pour leurs mères âgées à la villa Sainte-Marie, rue Brûlard dans l'enceinte de l’établissement scolaire.

N'oubliant pas ses origines agricoles, Jeanne-Claude Jacoulet, en achetant la propriété de la Grette, initie les sœurs au jardinage.

La maison située rue de la Grette est dénommée «la ferme». On y trouve une statue de l'Enfant-Jésus de Prague en commémoration d'un pèlerinage. Elles entretiennent un jardin pour la communauté. Il y a encore une quinzaine d'années, les sœurs cultivaient les légumes pour la pension et la maison de retraite dans l'enceinte de l'établissement scolaire.

À la fin des années 1950, les sœurs cèdent le champ à la ville ainsi qu’une petite cavité appelée «la grotte» par les enfants de la Grette pour laisser place à la Cité Brûlard, à condition de pouvoir construire son complexe scolaire.
La religieuse
La tenue initiale est une robe bleu-marine avec un châle noir et d'une coiffe noire à grand bord blanc.

La religieuse consacre sa vie à Dieu par la prière, les célébrations et les oeuvres qui lui sont propres, à savoir l’éducation de la jeunesse et les soins aux malades. Le bien personnel n'existe pas, c'est celui de la communauté.

Sur la paroisse depuis 174 ans, la communauté a oeuvré au patronage et à la catéchèse auprès des enfants de la Grette. À leur contact, on apprenait respect, tolérance et charité.

Ce n'est pas la seule communauté religieuse à s'être établie dans le quartier, on peut citer une petit compagnie de Jésuites de 1975 à 1985 rue Pochet et l'installation provisoire des frères franciscains en 1945 aux Charmettes, avenue Villarceau, avant de rejoindre la Chapelle des Buis.

La Sainte Famille est l'un des relais important dans l'équilibre social de la vie du quartier.

Sources :
10 siècles de vie religieuse à Besançon, RVB.
L’écho paroissial de Saint Joseph et Sainte Thérèse
Interview de Madame Sauge, Directrice du groupe scolaire Sainte Famille-Sainte Ursule